
Une soucoupe volante déposée dans les jardins de l’Alacazar n’aurait pas causé plus d’émoi que ces formes organiques qui ont colonisé en 2011 la très classique plaza de la Encarnación. Pourtant le fameux Metropole Parasol, nouveau totem urbain de Séville, est bien une œuvre d’art, d’une taille certes au dessus de la moyenne. Inspirée, insiste l’architecte berlinois Jurgen Mayer qui l’a conçue, par les voûtes de la cathédrale de Séville et les ficus millénaires de la place Cristo de Burgos. Plus grande structure en bois du monde, l’œuvre est constituée de six parasols en forme de champignons (d’où son surnom de Las Setas, les champignons en espagnol) reliés entre eux par leurs «chapeaux». Sa grille alvéolaire représente une véritable prouesse architecturale et technique: plus de 3400 poutres de placage d’épicéa, découpées au millimètre près grâce à un robot à commande numérique, ont été assemblées avec des tiges d’acier et de la colle époxy. Pas de béton, si ce n’est pour les fondations et la tour où loge l’ascenseur. Car c’est aussi un belvédère qui culmine à 28 mètres de haut, avec une vue extraordinaire à 360 degrés sur l’ensemble de la ville. Une passerelle serpente d’un champignon à l’autre, à hauteur de toits et de clochers d’églises. L’immense toiture ondulante projette son ombre tramée sur le parvis accessible par des escalators. Un vrai lieu de vie à caution culturelle : le sous-sol abrite un marché traditionnel et un musée archéologique.