Bilbao : le Guggenheim

Les volumes en titane signés Franck Gehry (© Valérie Appert).

En choisissant d’implanter le musée Guggenheim sur la rive sud du Nervion, Franck O Gehry en faisait le point de réconciliation entre la ville et la rivière. Ancré au bord du fleuve comme un navire, le musée devait porter fièrement la mémoire d’une cité à la fois portuaire et industrielle. Côté ville, Gehry privilégie une façade en pierre rappelant la minéralité des immeubles XIXe voisins; vers le fleuve, il opte pour le titane irisé, des courbes et une fluidité incontrôlée en écho à l’eau fuyant à ses pieds. Les extraordinaires vagues de l’édifice, réfractaires à toute description, sont visibles en tout point des deux rives et s’intègrent parfaitement dans le quartier-parc de l’Abandoibarra. Douces, sensuelles, presque irréelles pour qui les contemple de nuit, les ondulations du bâtiment ont fait l’objet de recherches informatiques avancées. Même si l’architecte aime raconter que le stylo prolongeant sa main trace les lignes sans la volonté de son cerveau. Pas une seule surface plane, dit-on, sur cette structure habillée d’un revêtement de titane si fin qu’il s’adapte à chaque courbe décrite. Comme dans les autres réalisations de Gehry, la métaphore du poisson s’impose, symbole de la liberté des formes. À l’intérieur, un atrium monumental de 50 mètres de haut, entouré de murs-rideaux en verre, oriente le visiteur, à la faveur de passerelles, vers les salles d’exposition. Sans collection permanente, les 24 000 m² occupés par le musée reçoivent régulièrement des œuvres de la deuxième moitié du XXe siècle. On le dit pauvre en contenu, ce qui est très injuste: ses volumes magnifique exposent des trésors, dont la monumentale salle ArcelorMittal où s’enroule un extraordinaire labyrinthe d’acier de Richard Serra. Mais le Guggenheim déborde aussi au-delà de ses murs, dans un espace de promenade où cohabitent des œuvres de Louise Bourgeois, Eduardo Chillida, Yves Klein et Fujiko Nakaya. Et Jeff Koons! Son Puppy, un chiot surdimensionné en fleurs fraîches, dressé devant le musée, en est devenu la mascotte.

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