La Villa Arson: une école d’art en béton et galets

L’École d’art de la Villa Arson se gagne à la force du mollet, au sommet de la colline de Cimiez, et se dissipe vite sous la végétation, comme un lézard surpris à dorer au soleil.

Il faut donc partir à la découverte de cette école expérimentale, symbole de la décentralisation et qui, voulue par André Malraux, devait inverser le rapport maître-élève. Chargé de sa conception, l’architecte Michel Marot, Prix de Rome et Équerre d’argent, définit un projet architectural paysager qui tient compte de la pente forte du terrain, de ses arbres centenaires à préserver et d’une villa rose du XVIIIe siècle (de la famille Arson, d’où le nom de l’école) qu’il faut enchâsser dans la construction moderne. Résultat, Marot élabore une école horizontale de très faible hauteur, quasiment sans façades, qui s’organise sous forme de patios et de places publiques autour des arbres sauvés. Plus qu’un bâtiment, un village végétalisé aux ruelles couvertes et labyrinthiques qui distribuent de grands ateliers pour les étudiants. Les murs sont coffrés en béton brut et certaines façades recouvertes de galets du Var (la fameuse calade provençale). L’architecture relève à la fois du vernaculaire et du brutalisme. À défaut d’envisager toute la structure dans son ensemble, il faut monter sur ses toits-terrasses, hérissés de skydoms (ces pyramidions de verre qui diffusent la lumière naturelle au cœur des ateliers) et admirer Nice à ses pieds. École et centre d’exposition, ouverte à tous, la Villa Arson est aussi un lieu de promenade.

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